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| Posté le 09-05-2004 à 19:32:09
| Des régionales aux européennes : traduire en luttes la défaite de la droite" 1/ La droite vient de subir une cinglante défaite. Toutes les régions, sauf l'Alsace, basculent à gauche ainsi que la moitié des départements. C'est évidemment l'expression d'un rejet massif à l'égard du gouvernement et un affaiblissement global, une perte de légitimité de Chirac et de Raffarin. Le "parti unique " de la droite, censé résoudre la crise structurelle qui touche celle-ci depuis 20 ans, a échoué. C'est la politique ultralibérale du gouvernement Raffarin qui est avant tout censurée. Une politique antisociale, qui a accéléré l'offensive libérale d'adaptation de la société aux exigences du capitalisme mondialisé. Une politique particulièrement cynique et arrogante, en particulier, en ce qui concerne les choix fiscaux clientélistes du clan au pouvoir. La remontée du chômage, les attaques successives contre le droit à la retraite, le droit des chômeurs, le régime d'assurance-chômage des intermittents, l'éducation et la recherche sacrifiées, l'absence de volonté de bloquer les plans de licenciements, toutes questions qui, entre autres, ont suscité des mobilisations d'envergure, sans obtenir de victoires, ont trouvé une perspective dans les urnes. Pour beaucoup, les conditions très particulières de réélection de Chirac le 5 mai 2002 ont crée des illusions sur le type de politique qu'il allait mener. C'est aussi ce marché de dupes qui s'est soldé dimanche 28 mars. L'effet Sarkozy tant annoncé, qui allait à la fois refouler l'insécurité et le vote pour l'extrême droite, s'est également révélé être un leurre. En réalité, ce gouvernement, comme le précédent, n'a pas réglé les éléments de la crise sociale et politique qui frappent le pays et qui s'étaient manifestés le 21 avril 2002. Beaucoup de commentateurs reprennent l'idée d'un 21 avril à l'envers. Au-delà de la formule, il est à noter la violence des mouvements du balancier électoral dans des périodes très courtes et l'usure rapide des équipes au pouvoir. En profondeur cela traduit un rejet profond du libéralisme et des plans du MEDEF. 2/ Le FN, sans enregistrer globalement une avancée supplémentaire significative, s'est enkysté dans le paysage politique à un niveau extrêmement préoccupant. Présent dans 17 triangulaires et dans beaucoup de cantons, réalisant des scores significatifs dans la plupart des régions, il représente incontestablement la troisième force nationale. Son implantation dans les classes populaires qui s'est élargie aux milieux ruraux en font un des enjeux des batailles politiques à venir. 3/ La gauche ex-plurielle reconstituée a bénéficié à plein de la défaite de la droite et tente aujourd'hui d'utiliser l'affaiblissement de la droite pour marquer des points. C'est un véritable succès électoral puisque, nationalement, elle obtient la majorité absolue sans avoir besoin du FN.. Le vote utile, qui a pleinement fonctionné, amplifié par le souvenir douloureux du 21 avril et par le nouveau mode de scrutin, ne signifie pas l'adhésion au PS ou à ses alliés et à sa politique. Le vote se situe plus dans une logique de contre-pouvoirs à la droite que d'une alternative à celle-ci. D'ailleurs, à l'exception de Montebourg, elle ne demande pas la convocation de nouvelles élections. La compétition pour le leadership et la candidature à l'Elysée a plutôt commencé dès dimanche soir alors que sur le plan du programme et des alliances, l'équipe dirigeante du PS est bien en mal de proposer autre chose que la reconduction de la stratégie jospiniste. Mais celles et ceux qui ont voté contre la droite, dimanche soir, sont susceptibles d'entrer en action dans les semaines qui viennent, ulcérés à juste titre par le mépris chiraquien. Avec un million de voix au premier tour, les listes LCR-LO nous ont permis d'affirmer une quatrième force nationale, avec des résultats plus modestes que ce qui était annoncé, expression électorale de l'aile la plus combative du mouvement social, que nous retrouverons dans les luttes à venir. 4/ Cette situation est grosse de possibilités de mobilisation sociale. Le caractère précaire du maintien de Raffarin, la faiblesse de son gouvernement équilibre d'ambitions rivales. L'absence de légitimité qui touche désormais le président de la république, ouvre des possibilités fortes de luttes d'envergure. Nous exigeons le retrait des mesures antisociales adoptées par le gouvernement : loi Fillon sur les retraites, statut des intermittents ou des travailleurs sociaux, décentralisation de personnels, privatisations et déréglementations ainsi que les lois liberticides dont la loi Perben. D'autant que l'exécutif ne semble pas avoir modifié sa feuille de route concernant trois attaques substantielles : la loi de mobilisation sur l'emploi dont on sait tous les risques concernant ce qui reste du code de travail, la poursuite de la déréglementation et de la privatisation des entreprises publiques en particulier EDF-GDF, et sans doute ce qui va être l'enjeu décisif : la santé, l'assurance-maladie. En effet, cette question condense tous les problèmes d'insécurité sociale posés par le scrutin : protection sociale, accès aux soins, développement d'un marché en lieu et place de la solidarité, privatisation rampante des hôpitaux, pression fiscale accrue pour les salariés avec l'augmentation prévue de la CSG... La mobilisation pour défendre la sécurité sociale est notre priorité. Notre orientation, d'ici la fin de l'année scolaire, est de tout faire pour relancer une mobilisation nationale contre le gouvernement : unité syndicale, relance des réseaux interpro, appels à la mobilisation unitaire... L'échéance du premier mai représente une échéance claire de mobilisation antigouvernementale qui peut permettre de faire converger dans des manifestations unitaires l'ensemble des mouvements sociaux. Depuis six mois, notre campagne permanente pour l'interdiction des licenciements n'a pas permis de déboucher sur une initiative nationale d'ampleur. En revanche elle a permis de tourner la LCR vers les entreprises privées, installant ce thème dans la campagne électorale. Dossier par dossier, nous poursuivons cette campagne et mettons en demeure le PS et ses alliés de bloquer dans les conseils régionaux la politique de subventions publiques aux entreprises privées. Le verdict des élections régionales est sans appel : à travers le gouvernement Raffarin, c'est l'ensemble de sa politique qui a été désavouée. Dans cette situation, la décision de Chirac de renommer Raffarin constitue une véritable provocation. Puisque, ni le gouvernement, ni Chirac ne veulent rien entendre, il faut que, dès à présent, s'organise un vaste mouvement pour les stopper et les chasser. La nature antidémocratique des institutions apparaît clairement. Le gouvernement n'a aucune légitimité pour poursuivre sa politique antisociale. Il a été contraint de renoncer à son intransigeance sur certains domaines. Il faut lui imposer de revenir sur les mesures prises depuis 2002, en particulier sur la réforme des retraites et la décentralisation. C'est le peuple qui doit avoir le dernier mot. Nous n'attendrons pas 2007 ! Il faut chasser le gouvernement Chirac par la rue et par les urnes. La dissolution de l'Assemblée nationale peut devenir un mot d'ordre agitatoire en cas d'accélération de la crise politique et/ou si un mouvement social d'ampleur se développe pour résister aux attaques du gouvernement. Cela doit aller de pair avec l'exigence de la satisfaction des revendications du mouvement social, d'une rupture claire avec les politiques menées, de la nécessité de faire vivre en toute indépendance un pôle clairement anticapitaliste, autour des axes du plan d'urgence social et démocratique qui propose une réelle alternative aux travailleurs et à la population. Systématiquement, nous proposons à LO de mener ensemble cette politique et ces initiatives. 5/ Les élections européennes Ces élections européennes représentent le prochain grand test national. Elles arrivent très vite après les régionales dans une situation de crise nationale et de modifications européennes produites par le résultat des élections espagnoles. Le contexte est donc plus favorable à une écoute supérieure et une participation plus forte alors même que ce scrutin pour une assemblée dotée de peu de pouvoirs mobilise peu traditionnellement les électeurs. Le mode de scrutin à un tour doit nous permettre de sortir du piège du vote utile : le 13 juin, il faut voter pour ses idées. Beaucoup d'électrices et électeurs ont hésité jusqu'au bout quant à leur vote aux régionales et une partie de ceux qui nous sont proches ont voté directement pour un des partis de l'ex-gauche plurielle pour faire barrage à la droite. Ceux-ci ont maintenant l'occasion de voter pour leurs idées. Ils savent bien que seules les luttes sociales et une extrême-gauche influente peuvent imposer la satisfaction des aspirations populaires. C'est bien évidemment l'acte II de la censure contre le gouvernement qui sera au centre de notre campagne articulée à l'idée d'une rupture avec les politiques menées depuis vingt ans. Si la gauche anticapitaliste ne parvient pas autour d'un programme d'urgence sociale à incarner une alternative, à modifier le rapport de force vis-à-vis de l'ex-gauche plurielle, alors il n'y aura pas de changement politique, de rupture avec les politiques libérales. Il s'agit dans le cadre de l'accord LCR-LO de poursuivre le mouvement de rejet du gouvernement tout en maintenant l'indépendance vis-à-vis de la gauche plurielle et en défendant des perspectives clairement anticapitalistes, internationalistes, à l'échelle européenne et nationale. Appliquer un programme d'urgence sociale et démocratique, c'est s'engager dans la mobilisation des classes populaires pour construire une autre Europe. Cela nécessite une rupture de fond avec la logique capitaliste de la construction européenne. On ne peut comme le PS ou les verts se prononcer en faveur de la constitution européenne et prétendre incarner une alternative à la droite. On ne peut comme le PCF se prononcer contre cette constitution et prétendre demain gouverner avec ses anciens partenaires. Un gouvernement réellement au service des travailleurs, s'appuyant sur leur mobilisation et leur organisation, ne peut satisfaire les besoins de la population sans au préalable exiger une rupture dans la construction européenne. Pas de politique anticapitaliste sans rupture avec l'Europe de Maastricht. Contre l'Europe capitaliste et des traités qui l'organisent, nous défendons la perspective d'une Europe sociale et démocratique, Europe des travailleurs et des peuples. Nous dénonçons la "constitution" européenne dite Giscard qui inscrit dans le marbre les politiques libérales mais relancée par la victoire socialiste en Espagne. Nous n'oublions pas que la construction libérale et capitaliste de l'Europe s'accélère depuis dix ans et notre responsabilité est de montrer les responsabilités des gouvernements qui se sont succédés. Dans le cadre de la profession de foi avec LO nous défendons les axes suivants en gardant une priorité sur les thèmes sociaux : - Contre la déréglementation et les privatisations, la construction de services publics européens. - L'interdiction à l'échelle européenne des licenciements pour les entreprises qui font des bénéfices, la suppression des aides publiques aux entreprises privées - l'unification par le haut des législations sociales : un SMIC européen, un statut unifié du travailleur en Europe comprenant l'ensemble des protections sociales, une convergence sociale progressive avec les pays de l'est. - taxer et contrôler les marchés financiers, redistribuer les richesses, refuser le dumping fiscal, les paradis fiscaux qui ne profitent qu'aux plus riches - une Europe écologique, une Europe sans nucléaire ni OGM - Pour une Europe débarrassée de la surexploitation et de l'oppression des femmes, et garantissant le droit à l'avortement pour toutes. - l'égalité pour les homosexuels - le refus d'une Europe forteresse, l'égalité des droits pour les étrangers, y compris non communautaires, la régularisation des sans-papiers le droit de vote et d'éligibilité - contre une "Europe puissance", contre la guerre impérialiste, pour une Europe pacifique renonçant à l'arme atomique et aux expéditions impérialistes, pour la rupture avec l'OTAN et les projets de "défense européenne", pour l'annulation de la dette du tiers-monde et la solidarité avec la lutte des peuples qui luttent pour leur émancipation. Dans ce cadre, la mobilisation à l'occasion de la venue en France de Bush les 5 et 6 juin, est une initiative déterminante. La LCR interviendra en coordination avec les sections européennes de la IVème Internationale. Pour sa part, la LCR développera son combat pour une autre Europe, son refus de la "Constitution Giscard", son exigence que les peuples d'Europe décident. En France, nous mettrons toute en oeuvre pour exiger la tenue d'un référendum. Nous éditons une brochure nationale de campagne fixant les axes de l'organisation et reprenant les principaux aspects de la brochure Europe. Le cadrage de la campagne doit intervenir rapidement, y compris les aspects unitaires avec LO, pour permettre de débuter celle-ci fin avril. 6/ Nous insistons sur le rejet des politiques libérales en Europe et des gouvernements qui les portent, dans les urnes et dans la rue, que ce soit en Espagne, en Allemagne, en Italie, ou en Grande Bretagne. Ce rejet relance avec plus de force la nécessité de construire en France comme en Europe une force anticapitaliste porteuse d'une alternative de société en phase avec les mobilisations sociales, anti-guerres, les exigences mises en avant lors des FSE de Florence et de Paris. La LCR intègre dans ses axes de campagne sa volonté de construire une telle force en s'appuyant aussi sur l'expérience de la Gauche anticapitaliste européenne. Le mois d'avril doit être utilisé pour renforcer la LCR dans la perspective du nouveau parti anticapitaliste. Intégrer réellement de nouveaux adhérents, ouvrir de nouvelles sections, prospecter systématiquement les villes où la LCR n'existe pas et où les listes ont fait un bon score. Le 04 avril 2004
-------------------- "soyons réalistes, réclamons l'impossible" le che LCR 100 % à gauche "la jeunesse emmerde le front national" les bérus Président de ras l' front avignon milka tendrement chocolat RICOLA de la suisse naturellement |
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